difficile fenêtre

« au centre de l’air
une
figure en nous
dans son habitacle transparent »
André du Bouchet


long de la nuit avec épuisement, se trouver moi jusqu’à la fin des mots : la mer du plat de la main, lissée dans le vide, la ruelle, le faible poids des choses – tension tempérée vers les plages, hors des opacités, des émergences – battre châssis de petit bois : mer vive dans le noir faible, herborise grand frais ses laminaires – en courbe libre, une résonance froide : bleu perforé délavé, perdu dans un carré de lettres – les granits saillent à peine, le sable ondule, aspire – les mots et les algues, escarpement raide : exercice debout du vertige – écriture penchée, difficile fenêtre, toujours plus bas – savoir comment, au moment du seuil, rejoindre ses propres traces, partir – tu lèves le jour dans les grandes italiques : la buée, la ligne de laisse, le doigt – une organisation graphique, un ordre – des phares et des comptes, un réverbère seul, dans l’exiguïté du ciel – grésil des vitres, le trouble de langue t’a voyagée de nuit : bêtes à fleur d’eau, matière d’arbre, la lune, faisant ferraille dans le sel – en silence, tous ces os fatigués : pelleteuse tombe des creusées d’amour – dissolution progressive : limons et peaux sans douleur, terre en fuseau sous la gouttière – dans le cadre, l’étau : les embrasses d’un laminoir, en douceur – ombres asphaltées courant les flaques – savoir quoi, ce qui lance, ce qui peine – frimas d’interdits – savoir où, l’enneigement, l’aveugle, la glace profonde – silex d’orthographique corset : table fait eau des mots surpris, transvasés dans les notes – dépaysés – la nuit avec des restes, des sourdines : brèves d’adieux, le dos maigre d’un rêve – le drap essore le dire, le vide du lit, à deux pas de la bouche – savoir qui : le papier détrempé, la salive d’un nom d’insécable tendresse – la pauvreté du verre et ce petit grincement dans l’espace, qui ouvre sur la mer aux limites du bord, un visage, des contours – puis rien qui ne glisse, qui ne coule à nouveau – savoir quand, l’échappée, le butoir – l’entrepont et ses murs dans la mer, entrent à reculons – du doigt replié sur le carreau, à petits coups un questionnement se poursuit, sans réponse


LES MOTS-CLÉS :

© Michèle Dujardin
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 octobre 2013
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