parcelle basse creuse

Le plus que nous pouvons espérer, c’est de faire naître une vague idée du tout, en cernant un détail infime.
Lucien Hervé


qui n’a rien demandé, mobile, parcelle basse creuse ou laisse calme pour salant, presqu’île, tout visage de bascule : soliloque flotté sans couleur, fenêtre carrée dans sa flaque, élucidée, rasante : reléguée déchirure ou rouille close sur un feuillage de bateaux : d’être seul, un labyrinthe, obturé d’une absence entêtante, resplendissante

douleur ou peau, cicatricielle et par le vide, qu’importe à l’étoilant ravage, sable à l’intérieur des mots : baratin d’absence, en suspension résonante dans la sphère du sommeil, quelque part dans la masse distraite d’un règne séparé : digues profilées sans sources, aux longitudes molles, puis l’attente, majorant la part d’île, le flou effondré des façades quand on est seul, plutôt pluie lessivée casanière, ou menue mer de silice à fouler, broyer le gris du message des objets : la pesanteur est incalculable

qui n’a rien demandé, épervier folle nasse, pêchant nocturne au moindre mot : signaux confits de récrits multiformes, appareils métronomes d’une crise annoncée : battement, fluence interne du quotidien rogue, ses brisées tenaces entre élans messagers, aventureux, et bloc retour de rocs saccadés, fortement ancrés dans leurs marges glaciaires : au seul alors d’extrapoler césure, improviste et ivresse, de ces parois mortes dressées plus que droites en mémoire de paroles que seul jamais ne pourra prononcer

le heurt, l’opaque, au bout de la ligne le livre est mort, et les mots à tout faire : autant les cuire que se peut au chaudron des lectures, à fournées de jour, et veiller ces graphies laiteuses montant d’un bouillon de rêves réduits, insipides déchets de serres : un brouet dès la page, qui n’a rien demandé : voir l’absence au masque qui l’habille, faisant figure pauvre et sans nom : là, toute l’immense faim assouvie d’un leurre, que le ciel, dans son silence, que la terre, ne cessent de reprocher

d’être seul, tourbillonnaire, pulsé par les courants, au secret : comblement par la vase, ciel qui tourne, temps limoneux salé sous traînées nuageuses, et chocs de bulles dans l’étale froide d’une langue à peine affectée : on s’habitue à ne rien demander : la dérive après tout a ses propres coordonnées : pentes et vents et progression des déserts, et même quelques hâvres, dans l’herbe sèche et le sol fendillé : ces fleurs opiniâtres, basses, ourlant de leurs rudes couleurs l’horizon de la mer : ce qui dure, qui n’a rien demandé


LES MOTS-CLÉS :

© Michèle Dujardin
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 avril 2018
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