noir Reinhardt

peintres, sur abadôn


champs violent de Reinhardt, semé de papillons algébriques tendus vers l’infini de tous leurs signes moins, qui grattent l’invisible, le pèlent jusqu’au sang, libèrent la figure qui n’est plus un masque, mais
un écorché sanglant de l’absence, avec ses tisons crevant la rétine de qui regarde

topographie de tête, d’un réel épinglé, écartelé dans la maillure fine du désir sans objet, méconnaissable, juste désirable et fou, mouvement, échappée au-dedans vers ce qui nous abîme dans ce trou, inséparable de nous et avec nous sans commune frontière, cette construction close sur elle-même, vibrante, en équilibre sur un souffle, sans matériau autre que le mortier du refus, refus du terme et de l’ordonnée, du foyer et de la matrice, le temps y est sans espace, et l’espace toujours de transition, intégralement fonction du rejet de la preuve, du postulat et de ses dimensions, coin de vide enfoncé dans le front du monde, lequel recule vers les murs, la compacité de leur blanc, leur vacarme, comme avant la mort un brouillon d’étoiles, qui jouit à l’horizon du trou noir


LES MOTS-CLÉS :

© Michèle Dujardin
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 mars 2009
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